Les quartiers de La Boca et de Catalinas Sur

El barrio de La Boca y Catalinas Sur Aux alentours de 1850, les 4 km qui séparent le centre de Buenos Aires de La Boca (embouchure du Riachuelo dans le Rio de la Plata), faisaient de ce port un quartier éloigné et coupé du reste de la ville.

Beaucoup d’immigrés italiens s´installèrent là, dans ce quartier de marins où perduraient les dialectes, l´esprit et les traditions des nouveaux arrivants. Les restaurants étaient nombreux dans lesquels on pouvait savourer des plats traditionnels européens.

La population de “La Boca” augmenta rapidement et l’évolution des transports rapprocha le quartier du centre urbain de Buenos Aires. Pour autant le quartier gardait son identité propre faite de militantisme politique et de forte solidarité (fin XIXème création de « La République de La Boca »).

Les maisons sur pilotis (en prévention des inondations) construites avec la tôle, le bois et les excédents de peintures récupérés sur les chantiers navals sont caractéristiques de La Boca. Cette architecture diffère beaucoup du reste de Buenos Aires.

El barrio de La Boca y Catalinas Sur Beaucoup de ces maisons étaient et sont encore des conventillos (appelés à l´origine des « patios »). Ce terme désigne les habitations collectives typiques de La Boca, qui hébergent plusieurs familles. Autour d´un patio commun se déploient de petites pièces aux portes vitrées, généralement de 2X2 mètres ou 2X3 mètres, à l´intérieur desquelles vivaient tous les membres d’une même famille. Les toilettes, la douche et les lavabos pour cuisiner et faire la lessive étaient communs et se trouvaient dans le patio central.

Le manque de logements et la pauvreté faisaient des conventillos le premier refuge des immigrés récemment arrivés. Dans ces maisons tout le monde était au courant de tout. Les familles se mélangeaient, les enfants jouaient ensemble chacun dans sa langue natale tandis que les mères faisaient la lessive et cuisinaient dans le patio. Elles échangeaient aussi des secrets, partageaient espérance et nostalgie et attendaient anxieuses des nouvelles de leurs familles restées en Europe.

La promiscuité et le manque d´intimité étaient d´une certaine façon compensées par la solidarité, par le goût de « faire pour et avec les autres ». La fatigue s’effaçait derrière un sourire lorsque l´épicier annonçait : « Aujourd´hui j´ai fait des raviolis pour tout le conventillo ! ».

El barrio de La Boca y Catalinas Sur Les conventillos se détériorèrent avec le temps et le gouvernement décida de construire les bâtiments du nouveau quartier Catalinas Sur pour héberger les familles qui y vivaient.
Mais ce fut surtout la jeune classe moyenne qui décida de s’y installer attirée par la tranquillité de ce nouveau quartier. Comme souvent, les avatars de l´économie argentine transformèrent le projet initial du gouvernement qui ne fut pas mené à termes.

Les bâtiments dans lesquels s´installèrent les nouveaux propriétaires se trouvaient au milieu d´un vaste terrain vague. Ce furent donc les habitants eux-mêmes qui ensemble, construisirent les chemins reliant les immeubles, créèrent des espaces verts et le stade de foot, délimitèrent des places et des aires de jeux pour les enfants, plantèrent des arbres…

Lorsque la construction de l´école du quartier (financée par Don Carlos Della Penna, un généreux immigré qui voulait soutenir l´éducation publique et gratuite), cessa en raison de l´inflation, les voisins se constituèrent en Mutuelle et travaillèrent au service de la communauté jusqu´à ce que la construction soit terminée.

A partir de 1976, la dictature militaire empêcha toute forme d´organisation solidaire et la Mutuelle fut expulsée de l´école. Une partie de ses membres résistèrent et par le biais de cette organisation ils continuèrent à développer des projets solidaires et culturels au service du quartier.